Informations sur la situation faite à Sophie, postulante au doctorat,
et ce qu'elle révèle des fonctionnements actuels de l'Université française
relativement à l'accès en thèse

 

Cette page a vocation à centraliser les liens vers les informations concernant cette situation, scandaleuse, mais bel et bien permise par les règles et coutumes universitaires actuelles.

ATTENTION : PAGE EN COURS D'ACTUALISATION.

CERTAINS LIENS SONT BRISES, d'autre part, Lyon 2 a été entièrement déboutée de sa plainte fin 2013 après avoir vu ses arrêtés d'interdiction d'accès aux campus ANNULES en appel début mai 2013. EN ATTENDANT LA MISE A JOUR MERCI DE VOUS REPORTER ICI POUR CES INFOS --> Rubrique "la plainte de Lyon 2" sur le blog "Les best of du CREA'tif & Compagnie".

REVENIR COURANT MARS POUR DES INFOS ENTIEREMENT A JOUR 2014 ! MERCI !

1) Les principes


Le Code de l'Education pose les grands principes du système éducatif en France :

L’Article L111-1 dit « Le service public de l'éducation est conçu et organisé en fonction des élèves et des étudiants. Il contribue à l'égalité des chances. Outre la transmission des connaissances, la Nation fixe comme mission première à l'école de faire partager aux élèves les valeurs de la République.  
Dans l'exercice de leurs fonctions, les personnels mettent en oeuvre ces valeurs. »

L’Article L123-2 ajoute que « Le service public de l'enseignement supérieur » contribue à « la réduction des inégalités sociales ou culturelles », « en assurant à toutes celles et à tous ceux qui en ont la volonté et la capacité l'accès aux formes les plus élevées de la culture et de la recherche »

L’Article L121-1 dit que « les établissements d'enseignement supérieur » ont parmi leurs missions d’assurer « une formation à la connaissance et au respect des droits de la personne ainsi qu'à la compréhension des situations concrètes qui y portent atteinte. »


2) La pratique : 

A travers une revue de presse et de tracts/communiqués, voici maintenant des aperçus de la réalité que j'ai vécue au sein de l'université Lyon 2, après avoir obtenu mon master 2 mention très bien et 18/20 à mon mémoire de recherche en juin 2010


- Un article paru sur le web-journal rebellyon (et visible également sur le site de PAPERA) récapitule l'histoire de mon éviction de l'accès en thèse dans mon université : comment cela a-t-il été possible, concrètement ? 

-Depuis fin novembre 2010, ma présence est indésirable à Lyon 2 : je suis interdite d'accès aux campus. Réponse à cette décision présidentielle par un communiqué de plusieurs organisations, visible par exemple via le site des jeunes communistes 69

- une pétition a été construite, pour demander des solutions plus constructives, voire constructives tout court, à cette affaire, que vous pouvez encore signer (et je vous y encourage)  

- depuis juin 2012, une souscription de soutien financier a été mise en place, suite aux frais générés par les actions judiciaires engagées par Lyon 2 : elle se trouve par exemple disponible ici. 

- en février 2013, une rétrospective et analyse a été réalisée sous le prisme féministe de l'émission Lilith, Martine et les autres, sur Radio Canut, émission qu'on peut écouter en ligne ici.

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Développement :

0) Rappel : comment débute cette histoire ?

1) Comment isoler et dénigrer une étudiante qui défend ses droits ?

2) Comment refuser le dialogue avec les organisations syndicales étudiantes.

3) Automne 2011 : automne pénal

4) Un tour au tribunal administratif, grâce à Lyon 2

5) Printemps 2012 : encore un printemps pénal...

6) Perspectives pour 2013, et bilan provisoire

 

***

 

0) Rappel : comment débute cette histoire ?

J'ai soutenu mon mémoire de master 2 recherche en juin 2010. Les auditions pour les allocations recherche doctorale de Lyon 2 ont eu lieu début juillet 2010. Mais je n'ai pas été auditionnée. Pourtant, mon dossier était suffisamment " excellent et innovant " (thèse proposée : "l'inceste : entre impunité et luttes pour la reconnaissance", note obtenue au mémoire en master 1 : 18 et en master 2 : 18 aussi).

Cela, parce qu'il manquait un papier dans mon dossier : mon relevé de notes définitif, indisponible avant la date limite de rendu de ce dossier de candidature, du fait des délais nécessités par une double correction. Le directeur de l'école doctorale, qui était également l'auteur de la note ainsi contestée, était donc probablement parfaitement au courant des raisons de ce retard. Il m'a néanmoins signifié qu'il n'accepterait " aucun dossier de candidature incomplet ou en retard ", fut-ce d'un seul jour…Puis cerise sur le gâteau, mon directeur de thèse pressenti était professeur émérite, et ce même directeur de l'école doctorale a alors soutenu mordicus que les professeur/e/s émérites ne peuvent absolument pas prendre sous leur direction de nouvelles thèses (les textes ministériels ne font pas une telle restriction, des jurisprudences récentes confirmant encore, si besoin, que ces restrictions ne sont pas conformes au droit…).

Si ma situation n'a pas été rectifiée, c'est probablement parce que vis-à-vis des assertions de leur collègue directeur d'école doctorale, des titulaires d'un bac +8 (voire +10, 11, 12, 13 ou encore 14...), ont soit manqué de l'esprit critique qu'ils.elles sont censé.e.s nous inculquer grâce à leur haut niveau de diplômes, soit manqué de l'esprit civique qu'ils.elles sont censé.e.s nous inculquer…par leur exemple.

1- Pour interdire durablement l'accès aux campus d'une université à une personne, le seul moyen juridique est le dépôt d'une plainte pénale : ceci permet l'interdiction d'accès, sur simple décision du président de l'université, durant toute la durée de la procédure pénale, jusqu'au verdict définitif. Etant donnés les délais de la Justice pénale, l'interdiction peut ainsi facilement durer plus d'un an (sans plainte pénale, l'interdiction pouvait durer un mois au maximum).

La plainte a donc été déposée par l'université Lyon 2 en décembre 2010. Motif : "harcèlement moral envers l'université" par l'envoi de centaines de messages électroniques à une liste de destinataires, présentés de manière falsificatrice par l'université comme injurieux et menaçants (un certain nombre d'entre eux sont dorénavant visibles ici publiquement, via le blog "les best of du CREA'tif"). Il s'agissait de ma part, en réalité, de faire connaître et dénoncer, par des moyens pacifiques, la situation, totalement injuste, qui m'était faite.

Défendre pacifiquement ses droits face à une injustice, à Lyon 2, cela s'appelle dorénavant "harceler moralement l'université". 

Afin de "protéger" l'université de ce "harcèlement"- en réalité afin d'occulter et d'effacer ma dénonciation de procédés inacceptables au sein de Lyon 2, mes adresses mails ont été censurées sur le serveur de Lyon 2 à partir du 23 septembre 2010. Prélude et test pour préparer la suite. Test positif, cette censure n'ayant suscité aucune réaction hors la mienne...

La suite ?
Je suis interdite d'accès aux campus depuis fin novembre 2010, ce qui a pour effet de m'isoler et limiter les possibilités d'organiser une réaction collective pour défendre dans Lyon 2 les droits qui sont bafoués à travers mon exemple. Aujourd'hui, plus de 20 mois après, cet arrêté d'interdiction est toujours en vigueur.

2- En juin 2011, les syndicats étudiants FSE et CE ont conjointement porté, au CEVU de Lyon 2, une motion concernant la situation qui m'était faite. Mais le président du CEVU a refusé de la soumettre au vote. Motif ? En gros, "Mademoiselle Perrin envoie des mails, et elle a menacé de mort des collègues". La calomnie tient ainsi lieu de justification.
Voici la motion, qui comporte deux grands axes : l'un autour du "tout répressif" aveugle, l'autre autour du mandarinat et des abus de position et de pouvoir dans l'Université, ainsi que de revendications et propositions pour les réduire à l'avenir. 

3- L'audience correctionnelle (où j'étais, donc, l'accusée, finalement) du 24 octobre 2011, s'est déroulée devant une salle pleine en soutien. Elle a conclu à un report au 9 janvier 2012 car une expertise psychiatrique a été demandée par le juge, au vu du portrait de véritable folle furieuse dressé dans le dossier pénal. Dossier monté par Lyon 2 et son service juridique, aidés de l'avocat Me Jacubowicz.
Etant données les difficultés du tribunal à trouver un expert disponible, l'audience a de nouveau été reportée ensuite au 14 mai 2012 : soit un total de 7 mois supplémentaires d'interdiction d'accès aux campus de Lyon 2 acquis, de ce simple fait.

        * l'appel à soutien de la FSE pour l'audience du 24 octobre sur leur site

        * le compte rendu de cette audience via le journal rebellyon et l'annonce du report de l'audience suivante 

        * l'article du journal Le Progrès du 27 octobre 2011, et mon droit de réponse concernant "mes mails", non paru au journal (au mépris de la loi sur les droits de réponse)

4- Devant l'échec des démarches en interne, j'avais saisi le tribunal administratif concernant le caractère illégal de l'arrêté m'interdisant l'accès aux campus. 

En effet, pour que cet arrêté soit légal, il aurait fallu : que j'aie été informée de ce projet et aie pu présenter ma version de ce qui se passait, avant que la décision soit prise de créer cette interdiction à mon encontre (respect du contradictoire) ; qu'il y ait une motivation suffisante et sans ambiguïté (ce n'est aucunement le cas) ; que la mesure soit proportionnée à la situation et serve à garantir l'ordre public sur les campus (et non, par exemple, à isoler une étudiante qui veut défendre ses droits).
L'audience au tribunal administratif eut lieu courant mars 2012. Devant une salle quasiment vide malgré l'appel à présence en soutien lancé par la FSE quelques jours auparavant, le rapporteur public plaida l'annulation de cet arrêté. Dans 90% des cas, ce dernier est suivi par le juge. Je fis partie des 10% restants. L'université avait envoyé deux nouveaux mémoires, qui ne m'ont pas été communiqués, bien qu'étant cités par le tribunal dans sa décision et ayant manifestement bien contribué à faire "pencher la balance". Ainsi, le contradictoire a là aussi, finalement, été respecté...
Ces deux mémoires informent le TA du fait que "au vu des pièces du dossier pénal", le juge a "demandé d'office une expertise psychiatrique de l'intéressée", c'est dire, Monsieur le juge administratif, si cette personne est folle à lier.
Précision : le recours au tribunal administratif ne suspendait pas l'arrêté, donc j'étais de toute manière interdite d'accéder à l'ensemble des campus où je venais d'étudier quatre ans durant, ce jusqu'à la fin de la procédure pénale ou l'annulation de l'arrêté (ce que le TA a refusé par son verdict).

* l'appel de la FSE pour l'audience au TA, via le web-journal rebellyon

* l'article du journal Le Progrès, édition du 23 mars 2012, suite à l'audience du TA : "Lyon 2 en difficulté après sa décision d'interdire son campus à une étudiante", qui m'attribue, par la bouche du DRH de Lyon 2, la responsabilité de "la quasi-impossibilité d'instaurer un dialogue" (sic).

* l'article du journal Le Progrès, édition du 19 avril 2012, suite au verdict du TA : "L'étudiante interdite à Lyon 2 n'obtient pas gain de cause" (disponible en accès payant-abonné.e.s uniquement)

* l'appel à présence en soutien le 14 mai, "Faisons respecter le droit d’étudier et les libertés à Lyon II ! Soyons tous présents le 14 Mai, 14h, au Tribunal correctionnel - Pour le droit d’accès à Lyon II, et la relaxe de Sophie Perrin !", revient sur ce verdict du Tribunal Administratif et le grave précédent qu'il constitue pour les droits de tou.te.s. 

Après la déconvenue du TA (salle quasi-vide, verdict effarant), il a été signé par de nombreuses organisations : CE (Confédération Etudiante), FSE (Fédération Syndicale Etudiante), SUD travail UT 69, SUD éducation 69, CNT éducation 69, CGT éduc’action 69, JCML (Jeunesse Communiste Marxiste Léniniste), MJCF (Mouvement Jeunes Communistes de France), UEC (Union des Etudiants Communistes), NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste), PG (Parti de Gauche), PCF (Parti Communiste Français), Collectif libertaire de la librairie la Gryffe, CGA (Coordination des Groupes Anarchistes), OCML VP (Organisation Communiste Marxiste Léniniste Voie Prolétarienne).

Il est disponible sur les sites de différentes organisations parmi ces signataires : la FSE, la JCML, Voie Prolétarienne Partisan, le NPA, la CGT éduc'action, il a été également relayé sur d'autres sites web, par exemple sur rebellyon déjà cité, ou encore le laboratoire de Valence, ou bien la liaison Hérope de la Fédération Anarchiste à Lyon (en bas, dans le fil du mois de mai du blog). 


5- Le 14 mai 2012 eut lieu l'audience pénale. La salle était pleine en début d'après midi, en soutien, mais il restait seulement une quinzaine de personnes lors de l'audience proprement dite, car elle eut lieu dans la soirée (contraintes familiales ou personnelles de nombreux.euses présent.e.s, qui n'ont pas pensé, par manque d'habitude, que cela durerait peut-être tout l'après midi). C'est devant ce public, ainsi amaigri, que je fus questionnée principalement sur "mes courriels", par la présidente du tribunal, qui avait pourtant commencé l'audience en nous rappelant que l'objet des débats était uniquement "le contenu de la prévention : à savoir les sms et appels téléphoniques (présumés) malveillants". Etrange audience, où c'est l'avocat de l'université qui, finalement, dut me poser la question "et les appels téléphoniques ?", la tribune semblant les avoir finalement oubliés (?).

L'université, via son avocat, afficha enfin ouvertement son objectif : obtenir que je sois définitivement (ou à défaut le plus longtemps possible) interdite d'accès aux locaux de l'université Lyon 2, par le verdict pénal définitif lui-même, ce qui permettait de prolonger l'effet de l'arrêté présidentiel ad vitam aeternam, par delà la procédure pénale.

En interview, il prétendit cette fois, aux média présents, que je me livrais "à une véritable campagne de sms, des centaines, des milliers, de sms", alors que jusque là, l'université parlait plutôt d'une campagne de "centaines de courriels injurieux et menaçants". Il s'interrogeait également sur ma "santé mentale", comme si, d'ailleurs, les personnes qui souffrent de troubles psychiques devaient être maltraitées et exclues de l'Université du fait de leurs souffrances psychiques ?

Durant l'audience, il posa, au nom de l'université, la question de mon "hystérie", se livra à une lecture falsificatrice de mes propos tenus par sms, transformant par exemple un "(...) vous, allez mourir !" ("allez mourir" : "allez voir ailleurs !", "disparaissez de ma vie !") en un "(...), vous allez mourir !" (menace de mort). Cette lecture falsificatrice n'est que la suite, à l'identique, de celles effectuées par et au nom de l'université Lyon 2 tout au long du dossier, de sa confection, de son "montage", à cet oral, en passant par la rédaction de la plainte elle-même, qui constitue une véritable dentelle, finement tissée, de mensonges et de falsifications du réel. Via l'art, bien maîtrisé, de déplacer les virgules d'un iota par page... 

...et aussi de monter en épingle et d'exploiter des courriels rageurs par douleur, envoyés non "par centaines à une liste de centaines de destinataires", mais individuellement aux personnes les plus impliquées dans mon éviction, et ce dans les moments culminants d'injustice à mon encontre (par exemple à réception du premier arrêté m'interdisant l'accès aux campus). Ainsi, l'effet (les mails rageurs) devient la cause, et la cause (les injustices) devient l'effet (des mesures "adaptées à la situation, et à la personnalité de Mlle Perrin"). Enfin, on mélange ces mails rageurs aux "centaines de messages envoyés à une liste de destinataires", on en fait une compilation de 200 pages, que l'on envoie au Parquet en expliquant qu'il s'agit de 200 pages de mails "injurieux, harcelants et menaçants, écrits par Mlle Perrin". Le Parquet, qui n'a ou ne prend pas le temps de vérifier, je ne sais pas, y croit encore aujourd'hui...

Ce dossier, manifestement réalisé par une équipe de fins connaisseurs du système judiciaire, a été conçu, par son volume de pièces mises à charge (très épais), par les stéréotypes usités en permanence (une ancienne élève folle furieuse, imprévisible, effrayante, menaçante et harcelante, bref, une vraie harpie - figure féminine effrayante s'il en est), pour :

- d'une part créer de fortes émotions chez ses lecteurs.trices, inhibant ainsi leurs capacités de recul, de mise à distance, de réflexion pondérée et de sérénité

- d'autre part, faire croire sur parole les accusations de l'université, le volume énorme du dossier constitué interdisant de fait toute lecture exhaustive ou simplement réelle des pièces mises à charge, noyées qu'elles sont au milieu des commentaires omniprésents et falsificateurs. Commentaires rédigés de la main d'un agent du service juridique de Lyon 2 qui ne me connaît pas, ne m'ayant vue au mieux que cinq minutes dans sa carrière, mais sait expliquer au Parquet, par ses annotations fallacieuses et dénigrantes faites au long de plus de 200 pages de dossier, ma dangerosité avérée !

Le verdict fut mis au 11 juin 2012 (donc bonus : encore un mois d'interdiction d'accès aux campus de Lyon 2 supplémentaire).

En première instance, le 11 juin 2012, j'ai été jugée coupable, par un tribunal qui expliqua, d'un ton agacé (?), en avoir "longuement délibéré", de "sms et appels téléphoniques malveillants", et condamnée à ne plus entrer en relation avec  mon ex-codirectrice de mémoire (ce que je fais déjà depuis que j'ai compris son rôle dans ce dossier...), à lui verser 500 euros pour le mal "que je lui ai fait" (verdict dixit), à 200 euros d'amende pour être venue sur les campus malgré l'arrêté d'interdiction (participer notamment à des réunions syndicales), à 500 euros de frais de justice, et, enfin, à un sursis avec mise à l'épreuve de 18 mois comportant une obligation de "soins psychiques", l'expert psychiatre ayant conclu que tout ce que je viens de vous relater là, constituait un "délire en secteur" de ma part. Bref, il ne m'a pas crue, donc je délire, comme le disait déjà la fac dans tout le dossier... donc : CQFD. Je ne suis d'ailleurs pas la première dans ce cas, ceci arrive même à des magistrats, qui lors de leur expertise psychiatrique, sont étiquetés paranos lorsqu'ils voient des fascistes autour d'eux, ce, dans une ville précisément dirigée par des fascistes...un comble.

* le communiqué de presse, "Lyon 2 : du droit à l'éducation bafoué, à l'ostracisation d'une recherche jugée  indésirable ?" d'appel à l'audience du 14 mai 2012, est disponible via rebellyon

* l'article du journal Le Progrès rédigé suite à l'audience "Etudiante interdite d'université : Lyon 2 contre-attaque" est disponible sur leur site, en accès libre, ici. Mon droit de réponse (rédigé pour les mêmes motifs que le premier : la présentation dénigrante de mes courriels...), a cette fois été publié. 
Mais, toujours au mépris de la loi, qui impose une publication "à l'identique" de l'article, il l'a été dans dans une rubrique différente, sur un quart de page de l'édition papier, bien moins visible que la demi-page occupée par l'article...et carrément invisibilisé sur internet, sauf pour les abonné.e.s puisque, alors que l'article est en libre accès, le droit de réponse a été mis en accès payant ici.

Voici donc le texte intégral de ce droit de réponse, que je mets en libre accès là. Droit de réponse qui n'empêche pas que j'aie été publiquement clouée au pilori, via cet article, qui n'a pas grand chose de l'article de journal impartial et respectueux de toutes les personnes qu'il évoque. Mais il paraît que c'est normal

* le reportage de France 3 région, qui, lui, rend bien à chacun la responsabilité de ses dires, sans prendre parti en dénigrant l'action de qui que ce soit. 
Côté université, il nous donne à observer son avocat en pleine action (de 4 sms présents dans la prévention, on passe, dans ses dires, à "des milliers de sms" constituant "une campagne" contre Lyon 2, rien que cela)

       * l'appel à soutien pour le verdict du 11 juin "on tient bon le bout d'gras", disponible grâce à rebellyon

* le communiqué rédigé en réaction immédiate par les présent.e.s au "bout d'gras", suite au verdict, est disponible notamment via rebellyon ou encore la CGT éducation du Var  

* l'appel à souscription de soutien a été mis en ligne fin juillet, via le blog de la CGT Vinatier 

 

6 - Bilan : à minima, j'ai déjà perdu trois ans pour mon accès en thèse (délai d'audiencement en appel du verdict pénal : un an... verdict qui, quel qu'il sera, ne résoudra pas la situation dans Lyon 2 pour autant). Sans compter le reste... voilà la seule chose qu'aura su faire mon ex-université, dans le "climat" actuel : transformer une étudiante brillante en redouté et imprévisible "élément extérieur", que l'on rejette avec obstination, même si c'est totalement absurde et si l'expression qui résume le mieux la situation est : "effroyable et piteux gâchis". 

Quant aux réactions autour de ma situation dans le sérail universitaire, il n'est pas inintéressant d'en parler. Au niveau des doctorant.e.s et étudiant.e.s : conseil de "chercher un.e directeur.trice de thèse ailleurs". Aucune solidarité, plutôt, et assez rapidement, un climat de peur, des réactions de fuite, débouchant sur ma mise à l'écart de fait. Le fruit d'un milieu où l'individualisme et le souci des "bonnes relations" avec les profs influents, dominent ?
Au niveau des profs, des chercheurs.euses, justement : aucune solidarité également, les mêmes conseils (mais aucune recommandation auprès d'un.e collègue pour autant...). Et, lorsque j'ai demandé à certain.e.s, dans ou hors Lyon 2 (jusqu'au Canada), s'ils.elles pouvaient diriger ma thèse : fins de non recevoir, uniquement.
Je rappelle que dans ce "beau monde intellectuel", j'étais une étudiante brillante et prometteuse, j'avais un master 2 mention très bien, etc... mais finalement, ceci ne sert à rien : l'important, ce sont les bonnes relations avec les profs influents, autrement dit, les mandarins ? Nous voilà bien loin, en pratique, des principes du Code de l'éducation...

Perspectives : sur un plan juridique, j'ai fait appel des décisions du TA et du correctionnel. 
Au niveau de l'université, des actions sont en cours par des gens qui me soutiennent, à l'initiative de mon comité de soutien (exemple : collage dans les campus de Lyon 2 de l'autocollant "Halte aux mandarins, réhabilitation de Sophie Perrin", édité à plus de mille exemplaires par des circuits militants). 

Une personne qui a signé la pétition de soutien qui a circulé autour de ma situation en 2011, est éditrice, et intéressée par l'édition de mes travaux de master... par ailleurs, j'ai commencé à construire un blog qui permet de voir ce qu'ont été mes "centaines de courriels à des centaines de destinataires" (qui continuent, quoiqu'à un rythme plus modeste : j'y ai pris goût...). Mais aussi commence à permettre de relier des mondes entre eux : lu par des ex-victimes d'inceste, des chercheurs.euses et doctorant.e.s, des militant.e.s politiques et syndicaux.ales, il pourrait peu à peu constituer un espace de rencontre entre ces groupes qui, jusque là, ne se rencontraient qu'à travers certaines personnes isolément, dont je suis un exemple.

Nous sommes ici, bien loin de l'AERES et des frénésies carriéristes en vigueur dans l'université mandarinale post-Pécresse, dans la construction d'une future recherche en lien fort avec "l'en-dehors" de l'Université, d'une future recherche qui n'a pas pour seule ambition de rendre compte de l'état piteux de l'univers décrit (le traitement des victimes d'agressions sexuelles, ici par apparenté(e)s), mais également de contribuer à donner des possibilités de changement pour cet univers.

Parce que la recherche elle-même, lorsqu'elle montre l'état des lieux dans la société française d'aujourd'hui, comme je l'ai fait via mon mémoire de master 2, pousse au désespoir, ne fait émerger que des sentiments d'impuissance. Devient elle-même insoutenable à effectuer, tant la situation faite dans la société aux victimes d'inceste, n'est in fine qu'une situation de stigmatisation et de mépris, de mise au silence et/ou au secret, par les institutions rencontrées (familles, Justice, travail social, psychiatrie-psychologie). Bref, ressemble trop à celle de la doctorante évincée de l'accès en thèse : aucune solidarité...et, au contraire, le rejet, la mise au silence, l'oubli, la stigmatisation. Le traitement non comme une personne, un.e alter ego, mais comme une sorte de déchet gênant et polluant.

Et tout cela, il faut que ça change ! Je ne l'accepte, en tout cas, pour ma part, plus.

*** La thèse, ça ne doit pas être réservé aux "héritiers" ***

*** Quand tu rentres en thèse, si tu es boursier.e, tu perds tes bourses sur critères sociaux : la thèse, c'est juste pour les enfants de riches ? ***

*** Les doctorant.e.s doivent-ils.elles vivre d'amour et d'eau fraîche, et en sus, être corvéables à merci ? ***

*** Je ne trouve pas ça normal, même si "tout le monde" me dit que ça l'est, et qu'il faut donc que j'aille "ailleurs" chercher une direction de thèse ***

*** J'y suis, j'y reste, je ne partirai pas ***

*** Non seulement il y a une sélection pour l'entrée en master 2 recherche, mais en plus elle ne nous donne aucune garantie de pouvoir entrer ensuite en thèse pour autant... la fac, c'est 100% arnaque ? ***

*** Je ne suis pas la seule dans ce type de situation, je suis juste la seule à avoir protesté bruyamment. Peut-être parce que j'ai déjà un emploi, et que tout mon avenir ne dépend pas de mes études, donc j'étais en position de pouvoir le faire ... ***

*** J'aimerais que le doctorat fasse partie des thèmes de mobilisation syndicale au même titre que le CROUS, ou encore que l'accès en licence ***

*** Actuellement, les doctorant.e.s, c'est un désert syndical, ce qui laisse le champ libre à toutes les pratiques abusives ***

*** Le doctorat, sans action syndicale, ne sera jamais accessible aux étudiant.e.s issu.e.s de milieux populaires, ou encore en situation de rupture familiale. Et ce n'est pas juste ***

*** Doctorant.e, ta peur ne te protégera hélas jamais d'un sort similaire. Seule ta peur surmontée pour lutter, peut tou.te.s nous en garantir à l'avenir ***

*** Du jour au lendemain, c'est possible de basculer en enfer, parce qu'il n'y a pas de garde fous prévus dans l'université ***

*** Il faudrait que nous soyions plusieurs à discuter, réfléchir, proposer, pour sortir le statut du doctorant du moyen-âge où il se trouve aujourd'hui en France ***

*** Les étudiant.e.s doivent avoir leur mot à dire dans ce qui se passe à l'université. Les élu.e.s étudiant.e.s ne sont quant à eux pas des personnes mineures, mais des adultes au même titre que les élu.e.s enseignant.e.s ou encore BIATOSS. Leur parole doit recevoir une écoute égale à celle des élu.e.s enseignant.e.s ***

*** Sans étudiant.e.s, les enseignant.e.s chercheurs.euses seraient au chômage : qu'ils.elles n'oublient donc pas ce qu'ils.elles nous doivent, et nous considèrent, au lieu de nous mépriser comme certain.e.s d'entre eux.elles le font ***

*** Le liberté de choisir ses doctorant.e.s est une chose, la garantie de respect du droit à l'éducation en est une autre, qui devrait tempérer quelque peu la première ***

*** La liberté du fort est la servitude du faible. Il faut des lois pour garantir le faible contre la trop grande liberté du fort ***

*** La liberté du directeur de thèse est la servitude du doctorant. Il faut un "code du travail" doctoral, pour garantir le doctorant ou postulant doctorant contre la trop grande liberté du fort ***

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